lundi 24 novembre 2014

C'est lundi, que lisez-vous ? (47)




C'est lundi, que lisez-vous ?

A l'origine, il s'agit d'un rendez-vous hebdomadaire inspiré par les It's Monday, what are yoou reading ? by One Person's Journey Through a Wolrld of Books et repris par Mallou puis Galleane.  Après avoir testé cette formule durant un an, j'ai décidé d'en faire un rendez-vous mensuel et de ne le publier que le dernier lundi du mois. Mais comme dans la précédente version, il s'agira établir un échange autour de nos lectures passées, en cours et à venir.

Désolée pour cette longue absence. J'ai mis à profit ces deux derniers mois pour me reposer, partir en vacances mais aussi pour lire La Preuve et Le troisième mensonge -les deux derniers volumes du grand cahier d'Agota Kristof (éds point Seuil)- mais aussi Un monde flamboyant de Siri Husvedt (éds Actes Sud) et Un grand père tombé du ciel de Yaël Hassan. Je prépare d'ailleurs une chronique pour chacun de ces titres.
Je lis actuellement le premier tome de Strom (Le collectionneur) de Benoît de Saint-Chamas (éds PKJ).
Je ne suis pas certaine que ce mois de décembre soit le mieux adapté pour s'immerger dans des livres... mais figurent toujours dans ma PAL des titres de la dernière rentrée comme Price de Steve Tesich (éds Monsieur Toussaint Louverture) ou L'Homme Provisoire de Sebastian Barry (éds Joëlle Losfeld) mais aussi des romans que j'ai eu le bonheur de recevoir à domicile tels que Ce que j'ai voulu taire de Sandor Marai (éds Albin Michel), Vous parler de ça de Laurie Halse Anderson (éds La belle colère) ou La Diligence rouge de Gyula Krùdy (éds Circé).
En attendant la prochaine chronique de "C'est lundi...", je vous souhaite de belles semaines à venir et n'hésitez pas à partager vos impressions et/ou idées de lectures.
A bientôt. Promis je n'attendrai pas autant de temps avant de me manifester ;-)

dimanche 12 octobre 2014

Tous les chiens de ma vie

Elizabeth von Arnim, Tous les chiens de ma vie, éds Bartillat

mon coup de coeur :
" Parents, maris, enfants, amants et amis ne manquent certes pas de mérites, fort grands même, mais enfin ce ne sont pas des chiens. Je sais de quoi je parle, je vous l'assure, car au cours de ma vie, j'ai rempli chacun de ces fonctions - dans sa version féminine, s'entend. Oui je connais les intermittences du coeur, et ces sautes d'humeur qui, de jour en jour - voire d'heure en heure pour peu qu'on ait l'âme sensible - accompagnent inévitablement les amours humaines. Les chiens, ignorent pareilles variations. Quand ils aiment, c'est avec une constance qui ne prend fin qu'avec la vie. Il me plaît que l'on m'aime ainsi. Aussi est-ce de mes chiens que je vous entretiendrai ".
Elizabeth von Arnim a eu de nombreux chiens dans sa vie, certains l'ont accompagnée pendant quelques mois d'autres durant plusieurs années, mais tous ont compté. Ainsi les a t-elle tous contemplés et aimés avec leur physique et leur tempérament propre à chacun.
Dès son plus jeune âge, la présence ou au contraire l'absence de canidé dans son entourage a participé à sa manière de vivre, de voir et de ressentir les événements. Mais de descriptions et digressions, l'auteur nous raconte bien plus. Elle nous révèle son enfance solitaire auprès de parents attachants mais peu commodes, ses mariages heureux mais pas totalement épanouissants, ses enfants nombreux mais absents, son époque et les hommes qu'elle a aimé sacrifiant parfois son attachement à ses chiens pour leur faire plaisir. Car si elle aime les chiens, Eliabeth n'a pas toujours été une maîtresse irréprochable. Peut-être a t-elle tenté de se faire pardonner en leur consacrant son autobiographie ?
En conclusion, Tous les chiens de ma vie est un livre déconcertant par le ton désinvolte employé par son auteur mais surtout par sa richesse, car sous les apparences d'un hommage à ses 14 chiens, Elizabeth von Arnim  nous parle en fait de son époque et de sa condition de femme aristocrate dans une société qui évolue bien trop vite pour elle.
J'ai aimé le côté franchement suranné et un brin provocateur de ce récit qui se lit avec un réel plaisir et qui fut un agréable moment de distraction. Enfin, ne vous abstenez pas de lire la préface et les notes rédigées par F. Dupuigrenet Desroussilles car elles sont grandement instructives tant elles nous éclairent sur le parcours d'Elizabeth et sur les milieux aristocratiques de son époque.

L'auteur :
De son vrai nom Mary Annette Beauchamp, Elizabeth von Arnim (1866-1941) -cousine de Katherine Mansfield- naît en Australie au sein d'une famille anglaise. Après de brillantes études, elle visite l'Europe en compagnie de son père. Alors qu'ils sont en Italie, elle rencontre le comte Henning August von Arnim-Schlagenthin en 1889 qu'elle épouse à Londres un an plus tard.
Cinq ans plus tard, ils emménagent dans le domaine familial de son époux en Poméranie où Elizabeth découvre les joies mais aussi les désagréments de la vie à la campagne.
Mère des 5 enfants, Elizabeth profite de la l'isolement procurée par cette vie rurale et par l'absence de ses enfants à ses côtés pour commencer à écrire. Parmi ses vingt et un romans figurent Elizabeth et son jardin allemand (1898), Vera (1921) et Avril enchanté (1922).
Une partie de sa bibliothèque personnelle est conservée par l'Université du Sud-Toulon-Var.

lundi 29 septembre 2014

C'est lundi, que lisez-vous ? (46)



C'est lundi, que lisez-vous ?

A l'origine, il s'agit d'un rendez-vous hebdomadaire inspiré par les It's Monday, what are yoou reading ? by One Person's Journey Through a Wolrld of Books et repris par Mallou puis Galleane.  Après avoir testé cette formule durant un an, j'ai décidé d'en faire un rendez-vous mensuel et de ne le publier que le dernier lundi du mois. Mais comme dans la précédente version, il s'agira établir un échange autour de nos lectures passées, en cours et à venir.

Que septembre est passé vite !
Pas de lectures "rentrée littéraire 2014 " ce mois-ci si ce n'est Un homme Klaus Kump... de Gonçalo M. Tavares (éds Viviane Hamy) -que j'ai remis de côté au bout d'une cinquante de pages car ce n'était pas la lecture dont j'avais envie alors- et Photos volées de Dominique Fabre (éds de l'Olivier).
En revanche, j'ai non seulement lu quelques romans jeunesse comme Ma grand-mère m'a mordu (Ecoles des loisirs) d'Audren et Journal d'un nul débutant (Ecole des loisirs) de Luc Blanvillain mais surtout j'ai découvert le magnifique 1er tome de la trilogie Le grand cahier d'Agota Kristof (éds point Seuil).
En conclusion, figurent toujours dans ma PAL les titres cités la dernière fois : Price de Steve Tesich (éds Monsieur Toussaint Louverture), L'Homme Provisoire de Sebastian Barry (éds Joëlle Losfeld) et tous les autres !!!
Et pourtant je souhaite consacrer mes prochaines semaines à la lecture des deux autres volets de la trilogie Le grand cahier (attention pas de commentaires qui puissent me révéler la fin !!!) et à lire des romans liés à mon challenge "La famille dans tous ses états !".
Ainsi j'ai ressorti de ma bibliothèque des livres déjà lus ou en attente de lecture comme Un fabuleux menteur de Susann Pàsztor (éds Anne Carrière), Les Oiseaux de Tarjei Vesaas (éds Plein Chant), Moi, Jean Gabin de Goliarda Sapienza (éds Attila) ou encore Quand le requin dort de Milena Agus (éds Liana Levi). Par ailleurs, je suis toujours à la recherche de mon exemplaire de Tante Mame de Patrick Denis (éds Flammarion)...
Mis à part cela, j'ai testé plusieurs sites de créations de quizz mais au final ce fut échecs sur échecs. J'espère trouver une solution afin de vous proposer des pages de jeux plus riches et variées que celle que j'ai publié ce mois-ci.

En attendant le prochain numéro de "C'est lundi...", je vous souhaite de belles semaines à venir et n'hésitez pas à partager vos impressions et/ou idées de lectures.
A bientôt.

mercredi 17 septembre 2014

La ballade d'Ali Baba


Catherine Mavrikakis, La Ballade d'Ali Baba, éds Sabine Wespieser

Ma chronique :
Né grec, Vassili Papadopoulos quitte sa terre natale pour l'Algérie en 1937 avec sa mère -famille fragile abandonnée par son mari retenu à la guerre- et ses frères et soeurs. Aîné de la famille, le jeune Vassili se doit de faire vivre les siens. Heureusement le garçon est doté de jugeote et de bagou. Dès lors rien et personne ne lui résiste, même lorsqu'une fois adulte il part aux États-Unis puis à Montréal. Alors lorsqu'en 2013 Erina -sa fille aînée et préférée- fait sa rencontre dans des circonstances exceptionnelles neuf mois après sa mort, les souvenirs de cette dernière rejaillissent sans aucune logique temporelle pour non seulement faire revivre cet homme incroyable mais aussi pour combler des années d'absence entre deux êtres qui s'aiment profondément bien que tout les sépare. A l'image du père de Hamlet qui revient sur terre pour hanter son fils, Vassili demande à sa fille une ultime requête : voler ses cendres le 21 juin exactement. Mais qu'en faire après ?
Au fil des pages de ce récit totalement déconstruit, le narrateur peint le portrait d'un homme exubérant, audacieux, égoïste, aimé bien qu'incompris. La ballade de cet Ali Baba se confond alors avec celle de sa fille dont les souvenirs et les errances se déploient pour ressusciter et prolonger la puissance, la singularité et l'authenticité des rares moments (heureux ou non) passés auprès de cet homme (un quasi inconnu).

De Key West (Floride) -terminus de leur dernier et incroyable voyage ensemble- à Montréal en passant par la Grèce, Rhodes ou Alger, c'est toute la vie insensée, décousue, splendide et précaire de ce père qui défile sous nos yeux. Le temps qui passe, les circonstances qui changent, les époques qui se mêlent et s'entremêlent, peu importe rien n'empêche Erina -devenue une femme et un professeur émérite- d'aimer et d'essayer de comprendre cet homme assoiffé de vie et d'aventures qui s'est tant de fois absenté de sa vie. Ce qui ressort alors de cette lecture c'est leur incommensurable désir de se retrouver.

L'écriture de ce récit -toute en discontinuité- est ainsi à l'image de ce personnage charismatique et fantasque qui a passé sa vie à se défiler. Et c'est en se jouant des conventions narratives et des logiques temporelles qu'en une centaine de pages Catherine Mavrikakis rend hommage à ce père, ressuscite l'amour filial qu'Erina avait tu durant des années et redonne du sens et de la valeur à chacun des moments passés ensemble.

Même si j'ai eu parfois le sentiment de rester à l'extérieur du roman (décontenancée par le postulat qu'un récit d'outre-tombe est possible), j'ai aimé ce livre non seulement pour son sujet mais aussi pour ses grandes qualités littéraires, à savoir un souffle dramatique incroyable et une composition narrative grandement maîtrisée. J'ai été tout particulièrement enchantée par les passages consacrés à la figure paternelle dont l'auteur a su rendre la complexité. Si vous ne connaissez pas Catherine Mavrikakis, je ne peux que vous inciter à la découvrir !  




L'auteur :
Catherine Mavrikakis est née à Chicago, en 1961, d'une mère française et d’un père grec qui a grandi en Algérie. Son enfance se déroule entre le Québec, les États-Unis et la France. Elle choisit Montréal pour suivre des études de lettres et devenir professeur de littérature à l’université de Concordia pendant dix ans, puis à l’université de Montréal où elle enseigne toujours.
Au fil des années, Catherine Mavrikakis a su construire une œuvre littéraire de qualité. En France, trois de ses romans ont été édités par Sabine Wespieser éditeur.  Le Ciel de Bay City ( Héliotrope, 2008 et Sabine Wespieser, 2009 ) et  Les Derniers Jours de Smokey Nelson ( Héliotrope, 2011 et Sabine Wespieser éditeur, 2012 ) ont été salués tant par la critique que par le public. La Ballade d’Ali Baba (Héliotrope et Sabine Wespieser éditeur) est paru simultanément en France et au Canada en août 2014.

Et plus si affinités :
Si vous aimez les romans familiaux, je vous conseille vivement Un petit homme de dos de Richard Morgiève (éds Joëlle Losfeld) dont je vous ai déjà parlé mais aussi :
Le meilleur des jours (éds Sabine Wespieser) de Yassaman Montazami dans lequel la jeune femme se souvient de son père disparu peu de temps avant l'écriture de ce roman et dont l'absence ne cesse de la hanter. Au fil des pages, l'auteur redonne vie à cet homme cultivé et espiègle qui a fui l'Iran avant la chute de la Monarchie mais qui est resté un révolutionnaire dans l'âme (et un grand enfant) en acceptant de faire de son appartement parisien un lieu de conciliabules autour de la destiné de son peuple et de la conditions des réfugiés iraniens exilés en France.
A travers le destin de ce personnage au prénom incroyablement poétique -Behrouz "le meilleur des jours" en persan, l'auteur dresse le portrait d'un père aimant et aimé et celle d'un peuple pris dans les affres de l'Histoire.
Tout comme La Ballade d'Ali Baba, Le meilleur de jours est une déclaration d'amour tout autant que le plus beau des adieux. A découvrir !


Les Ménites de Vélasquez
Challenge : la famille dans tous ses états !!!